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FRÈRE JEAN: PORTRAIT DE LA PERSONNE IDÉALE SELON RABELAIS

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By Leonard M. Ares

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The Montréal Review, Juin 2013

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François Rabelais lisant (dessin anonyme), XVII siècle

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Rabelais est né vers la fin du XV siècle près de Chinon. Après avoir reçu une formation dans les couvents catholiques français, il est devenu moine dans l'Ordre de Saint-Benoît, autrement dit l'Ordre des Bénédictins. Plus tard, il fait des études en médecine. En 1532, il publie Pantagruel, suivi de Gargantua en 1534. Rabelais a été influencé par les idées humanistes qui se diffusaient en Europe à l'époque et étant donné qu'il est difficile de discerner avec certitude exactement ce qu'il voulait promouvoir dans ses textes, on peut conclure au moins qu'il désirait un mélange de catholicisme et d'humanisme. Avec le personnage de l'illustre Frère Jean, Rabelais présente sa conception d'un moine qui s'est approprié les traits humanistes. Frère Jean représente la conception d'une personne idéale chez Rabelais, c'est-à-dire un religieux qui rejette l'austérité catholique et accepte les idées libérales et fraternelles de l'humanisme. On se demande alors si Rabelais se met en désaccord avec les préceptes chrétiens en offrant son personnage de moine comme la figure éclairée de nouvelles idées humanistes qui circulent à l'époque en Europe.

Le catholicisme d'autrefois impose des doctrines strictes aux laïques et aux religieux qui normalement acquiescent et acceptent sans questionner les décrets de Rome. Rabelais est d'avis que les autorités catholiques de son époque profitent de leur statut et qu'ils imposent des réglementations trop sévères à leurs adhérents. On peut supposer qu'à priori, Rabelais ne cherche pas de querelle avec une personne sincère qui représente telle ou telle religion. Une personne qui aime Dieu et qui désire en toute bonne foi aider les autres à trouver la paix et le salut est tout à fait acceptable pour lui. Mais, ceux qui cherchent à s'élever socialement ou à mélanger la religion avec la politique pour leur propre avancement matériel semblent sérieusement agacer François Rabelais. Dans son texte sur Rabelais, Guy Demerson remarque que : « Pour Rabelais […], l'Église romaine relève de la politique et de la diplomatie, non de la religion, qui est lien avec Dieu » (254). Ainsi, avec Frère Jean et l'Abbaye de Thélème dans Gargantua, Rabelais montre une meilleure alternative fictive du monde de son époque, ceci afin d'interpeller et d'éduquer indirectement son public.

Bien sûr, tout catholique sait qu'on est censé montrer du respect au pape et aux ecclésiastiques. Mais, il y en a historiquement certains papes qui, tout en faisant semblant de conduire honnêtement l'Église catholique romaine, se comportent mal en espérant construire leur propre royaume sur terre. Demerson précise l'attitude de Rabelais à ce sujet : « Les Papimanes sont sacrilèges de vouloir ajouter un caractère sacré à leurs intérêts temporels » (254). Il n'est pas étonnant que l'on trouve de la moquerie dans les œuvres de Rabelais en ce qui concerne les ecclésiastiques et le mode de vie des moines. D'ailleurs, c'est avec humour qu'il désapprouve les traditions catholiques austères avec lesquelles il est intimement familier. Mais, si Rabelais n'apprécie pas la trop grande rigueur de l'Église avec les abus de pouvoir et l'hypocrisie de certains puissants gérants de sa religion, il ne va pas jusqu'à être désabusé par le reste de l'humanité. Il rejoint en cela les idées naissantes de l'humanisme.

L'humanisme, en principe, reconnaît des capacités positives et des qualités innées chez les êtres humains, ce qui le met en contradiction avec les enseignements catholiques. Plus spécifiquement, ce point de vue philosophique affronte la doctrine du péché originel et le besoin de dépendre de Dieu pour toutes choses. Cependant, si Rabelais apprécie volontiers les idées humanistes, cela ne le mène pas à un reniement du catholicisme parce qu'il reste catholique jusqu'à la fin de ses jours. Un refus total de sa religion d'origine serait probablement trop extrême. Le lecteur remarque aisément l'imagination et l'esprit créatif de Rabelais dans le personnage de Frère Jean des Entommeures. Ce moine fictif et moqueur représente à la fois le catholicisme et l'humanisme, car on trouve les deux éléments mélangés pêle-mêle dans une sorte d'amalgame curieux chez Frère Jean. Ainsi dans Gargantua :

En l'abbaye était pour lors un moine claustré nommé frère Jan de entommeures, jeune, galant, frisque, de hayt, bien adextre, hardi, aventureux, délibéré […], bien fendu de gueule, bien avantageux en nez [...], beau dérideur de messe, beau décrotteur de vigiles, un vrai moine si oncques en fut depuis que le monde moinant moina de moinerie (140-141).

Cette parodie fait forcément rire et sourire et par ce moyen, Rabelais donne naissance à sa conception d'une personne idéale de son époque, un moine plus humaniste que religieux.

La vie est difficile au Moyen Âge et on ne s'attend pas que la vie soit longue et agréable. Le travail agricole était dur et épuisant. Les pestes pouvaient assaillir la population et avec l'arrivée du Protestantisme au début du 16e siècle, les conflits religieux s'ajoutent aux difficultés de l'époque. Cependant, il y a les foires et les fêtes, souvent religieuses, pour qu'on puisse rire et oublier les rigueurs de la vie quotidienne. Le rire en effet l'emporte au fil de l'oeuvre de Rabelais. Kathleen M. Hall décrit ce qu'on appelle le Pantagruélisme dans son livre Pantagruel and Gargantua et note que les écrits de Rabelais reflètent une affection pour l'humanité : “The various definitions of Pantagruelism stress the duty to love - although the word is not used - one another as well as one's duty to desire God's will” (78). En se servant de Frère Jean, un moine qui fait rire, Rabelais répand et diffuse d'une manière indirecte la bonhomie et la fraternité dans un monde dangereux et inquiet.

Dans son ouvrage L'œuvre de François Rabelais et la culture populaire au Moyen Âge et sous la Renaissance, Mikhail Bakhtine insiste non seulement sur l'importance donnée au rire à cette époque, mais aussi à celle de la parodie au Moyen Âge. Bakhtine écrit : « La parodie médiévale […] vise moins que toute chose les aspects négatifs, certaines imperfections du culte, de l'organisation de l'Église, de la science scolaire, qu'elle voudrait ridiculiser et anéantir » (92). Et, c'est peu dire que la parodie existe à la perfection dans Gargantua et de Pantagruel de François Rabelais. Et plus spécifiquement, le personnage de Frère Jean est une parodie des moines dont frère Jean est le modèle et la représentation à admirer et à égaler pour l'auteur. Avec Frère Jean et la parodie, Rabelais se moque et ridiculise les règlements stricts des monastères et même plus osé, il se moque de la royauté de son temps. Le lecteur informé reconnait assurément dans les personnages de Grandgousier et de Picrochole François I er et Charles Quint.

Le personnage de Frère Jean, un moine guerrier vaillant, joue un rôle important dans la satire de guerre intra-européenne de Rabelais. On observe que le sacré et la profane se combinent souvent et avec fluidité dans Gargantua et Pantagruel et que l'humour chez Rabelais fait bon ménage avec la religion à travers ses œuvres. On remarque la réponse de Frère Jean à un commentaire sur son grand nez dans Gargantua:

Selon vraie philosophie monastique, c'est parce que ma nourrice avait les tétins mollets. En la laitant, mon nez y enfondrait comme en beurre et là s'élevait et croissait comme la pâte dedans la met. Les durs tétins de nourrices font les enfants camus. (201)

Mais, ce qui semble plus incongru et contrasté est le fait que ce moine, le dénommé Frère Jean, est très violent. Et, en combinant des éléments chrétiens avec ceux qu'on n'attend pas chez un moine, l'auteur présente au lecteur des contradictions extrêmes et radicales. À un certain moment de l'histoire de Gargantua , pendant la guerre entre les forces de Grandgousier et celles de Picrochole, l'auteur offre au sujet de Frère Jean: « Es uns escarbouillait la cervelle, es autres rompait bras et jambes […], fendait les mandibules, enfonçait les dents en gueule » (143). Sans aucun doute, la violence fait partie de la vie au Moyen Âge en Europe et les scènes virulentes n'étonnaient pas les lecteurs. Cependant, Rabelais n'avalise pas les scènes d'extrême violence qui représentent plutôt sa désapprobation face aux guerres de religion qui de l'époque entre les catholiques et protestants. Rabelais regarde ces guerres comme un fratricide insensé entre chrétiens qui ont en commun la foi en Jésus Christ. Pour Rabelais, avec sa formation religieuse stricte et son penchant pour l'humanisme, la violence affronte directement les principes chrétiens aussi bien que ceux de l'humanisme.

Frère Jean reçoit ce qu'il demande à Gargantua comme récompense pour avoir aidé les forces de Grandgousier pendant la guerre contre Picrochole : « Octroyez-moi de fonder une abbaye à mon devis » (253). Gargantua accepte et transmet à Frère Jean un terrain pour qu'il parvienne à ses fins, c'est-à-dire de fonder son propre monastère. Ce qui est étonnant est que Rabelais fait en sorte que ce monastère n'ait pas de murs et qu'il semble être plus une utopie à la Thomas More qu'une abbaye catholique. On apprend peu après dans le même chapitre qu'il n'y a non seulement pas de murs, mais qu'on y accepte les femmes : « […] fut ordonné que là ne seraient reçues sinon les belles femmes, bien formées & bien naturées, & les beaux, bien formés & bien naturés » (255). Cela reflète et traite avec humour et légèreté les sentiments humanistes et libéraux de l'écrivain qui s'amuse à faire le trajet entre le catholicisme et l'humanisme, avec l'accent mis le plus souvent sur l'humanisme. D'ailleurs, le lecteur est vite averti par l'inscription sur la grande porte d'entrée de Thélème de quelques catégories de personnes que l'auteur ne supporte pas : « Ci n'entrez pas hypocrites, bigots […], méchants […], vous usuriers chicars » (261-63). Par contraste, sur la même inscription sont précisées quelques caractéristiques louables chez une personne, sinon un moine : « Ci entrez vous et bien soyez venus […] tous nobles chevalier […], tous gentils compagnons […], vous qui le saint évangile en sens agile announcez » (265).

Frère Jean, un jeune religieux costaud et vigoureux, incarne tout ce que Rabelais envisage comme moine idéal et Thélème représente une communauté spirituelle qui existe sans règles imposées par l'Église. La vie sans contrainte à l'abbaye confirme le point de vue de cet écrivain du Moyen Âge qui croit que l'humanisme peut coexister avec la spiritualité et le christianisme : « Toute leur vie était employée non par lois, statuts, où règles, mais selon leur vouloir & franc arbitre. Se levaient du lit quand bon leur semblait » (275). Rabelais fait en sorte que la vie des moines à Thélème soit radicalement différente de la réalité de l'existence quotidienne d'un religieux dans un cloître catholique et par la suite, on apprend la seule règle de ce monastère utopiste : « FAIS CE QUE VOUDRAS » (275). Dans le Thélème de Rabelais, ni le sérieux ni une vie austère ne semblent souhaités, ce qui contraste avec les concepts et conceptions courantes des monastères de l'époque. Si le personnage de Frère Jean et l'Abbaye de Thélème suscitent la curiosité intellectuelle, on se demande ce que diraient d'autres grands écrivains de notre temps moderne actuel.

Dans sa parution No Man is an Island , le moine Thomas Merton déclare : “A society whose whole idea is to eliminate suffering and bring all its members the greatest amount of comfort and pleasure is doomed to be destroyed” (83). Cependant, dans le même texte peu après, on observe que Merton a des idées qui sonnent plutôt harmonieusement avec celles de Rabelais en ce qui concerne l'austérité religieuse : “But self-denial should not make us forget the essential distinction between sin, which is a negative, and pleasure, which is a positive good” (106). Merton semble ne pas désirer non plus accepter que toutes activités des êtres humains liés à l'existence terrestre et à la chair doivent être obligatoirement catégorisées et classifiées bien ou mal. Merton constate aussi que : “There is no necessary connection between sin and pleasure: [that] there can be sins that seek no pleasure, and other sins that find none” (106).

Rabelais conçoit avec le personnage de Frère Jean quelqu'un qui est loin de ce qu'on attend chez un moine à cause d'un tempérament violent. Mais, il semble néanmoins que ce moine existe et agit sans malice de l'âme. Même si ce moine atypique est chrétien et la foi semble le guider spirituellement comme une sorte de boussole métaphysique, Frère Jean n'a pas besoin de règlements venant de l'extérieur parce qu'il possède déjà naturellement, selon les idées humanistes, les qualités désirables pour se conduire d'une manière valide et acceptable. Rabelais, comme son personnage Frère Jean, prend toutes les libertés possibles dans ses croyances et perceptions personnelles.

Les moines de Thélème se marient, vivent selon les coutumes laïques et sont libres d'agir selon leur gré. On remarque dans Gargantua et Pantagruel que tout le monde est encouragé à s'amuser et à boire. L'injonction de se divertir et de profiter de la vie est filée ouvertement à travers ces deux textes. Dans son livre Rabelais, a Study in Comic Courage, Thomas Greene écrit que boire chez Rabelais indique un esprit ouvert sur la vie: “To drink, in a Rabelaisian context, has something to do with an openness to the pleasure of the senses […] with intellectual curiosity, with an affable and poised urbanity, a fundamental tolerance and warmth towards others ” (39). Avec Frère Jean, Thélème et ses moines qui ont le goût pour le vin et les femmes, Rabelais prend un contrepied volontairement choquant en allant à l'encontre de ceux qui tiennent aux dogmes religieux. Comme Martin Luther, un moine augustinien qui a renoncé au Catholicisme ainsi qu'à ses vœux de chasteté et s'est marié avec une religieuse, Rabelais s'aventurait en terrain potentiellement dangereux.

Dans le chapitre quatre de La Règle de St Benoit, un texte que Rabelais connaît assurément bien, on comprend qu'un moine est encouragé de châtier son corps et de ne pas aimer à rire. Mais, le rire et les plaisirs de la chair dont parle copieusement Rabelais ne sont pas à priori liés aux péchés, ce dont Rabelais est aussi parfaitement conscient. On observe qu'Augustine aussi confirme ce point dans The City of God avec: “But if anyone says that the flesh is the cause of all vices and ill conduct, in as much as the soul lives wickedly only because it is moved by the flesh, it is certain that he has not carefully considered the whole of man” (443). De fait, Rabelais crée un personnage qui, selon lui, est un mélange de toutes les bonnes qualités importantes chez une personne et chez un moine. C'est-à-dire, un individu avec des qualités spirituelles et morales qui agit d'une manière désinhibée dans le monde temporal. En effet, Rabelais soutient l'Humanisme sans condamner la religion.

La conception d'un moine franciscain qui incarne les éléments d'un chevalier médiéval soutient le fait que les êtres humains sont des êtres compliqués. À première vue, il semble que Rabelais s'oppose aux principes de sa religion en créant un moine mi-chrétien, mi-humaniste à travers la parodie. Cependant, ce n'est pas le cas. Dans le livre Pope Francis: Conversations with Jorge Bergoglio (2013), quand ce dernier est questionné sur la différence entre les règles de l'Église et la manière que les catholiques mènent leurs vies, le nouveau pape Jésuite constate:

I need to take a few steps back to answer that. The ethical path, which forms part of the human being, is pre-religious. No person, be they a believer, an agnostic, or an atheist, can avoid the demands of what is ethical, which range from the most general principals—the most basic of all: “Do good and avoid evil”—to the most specific. (98)

Au 21e siècle, quelques décennies après Vatican II, le pape François semble partager des points de vue avec un écrivain-religieux du 16e siècle. Avec ses textes satiriques, Rabelais non seulement promeut l'Humanisme, mais il nous déconseille aussi de prendre tout au sérieux.

Comme Bakhtine le souligne, le rire et la parodie au Moyen Âge ont servi à anéantir la peur de l'autorité et à exposer la vérité ( L'œuvre de François Rabelais 100). Rabelais a comme ambition d'utiliser Thélème et Frère Jean afin de désabuser son public trop conservateur et intransigeant à l'époque sans contrecarrer directement l'Église. Rabelais fait en sorte que son personnage idyllique de Frère Jean, en combinaison avec l'Abbaye de Thélème, pousse le lecteur à se rendre compte des dangers inhérents à suivre de trop près les dogmes et décrets religieux, ce qui sonne plutôt harmonieusement avec les idées humanistes ainsi que celles de la Réforme. D'autant plus, qu'il désire que ses lecteurs se préservent de l'idée de suivre les préceptes religieux jusqu'au manque de tolérance envers les autres ou pire, jusqu'à la haine et même à la guerre. En cela, Rabelais est un auteur aux avant-postes des idées novatrices du 16 e siècle qui se diffuseraient éventuellement dans toute l'Europe et autour du monde. L'auteur-moine conteste les définitions bornées des dogmes en mettant le plaisir terrestre en lien avec la Chrétienté au lieu de s'en servir contre elle.

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Références

Augustine, Saint, Bishop of Hippo. The City of God. Ed. Marcus Dods. New York: Modern Library, 1993.

Bakhtin, M M. L'œuvre de François Rabelais et la culture populaire au Moyen Âge et sous la Renaissance. Bibliothe`que des ide´es. Paris: Gallimard, 1972.

Benedict of Nursia, Saint. The Rule of St. Benedict: The Abingdon Copy. Ed. John Chamberlin. Toronto Medieval Latin Texts, 13. Toronto: Published for the Centre for Medieval Studies by the Pontificial Institute of Mediaeval Studies, 1982.

Demerson, Guy. François Rabelais. Paris: Fayard, 1991.

Edmunds, Bruce. Sixteenth Century French Literature. University of Alabama, Tuscaloosa, AL. Printemps 2010.

Greene, Thomas M. Rabelais, a Study in Comic Courage. Englewood Cliffs, N.J: Prentice-Hall, 1970.

Hall, Kathleen M. Rabelais, Pantagruel and Gargantua. Critical Guides to French Texts, 88. London: Grant & Cutler, 1991.

Merton, Thomas. No Man Is an Island. New York: Harcourt, Brace, 1955.

Mettra, Claude. Rabelais secret. Paris: Grasset, 1973.

Rabelais, François, Les Cinq Livres: Gargantua, Pantagruel, Le Tiers Livre, Le Quart Livre, Le Cinquième Livre. Ed. Jean Céard, Gérard Defaux, and Michel Simonin. Livre de poche. Classiques modernes. Paris: Librairie générale française, 1994.

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